Lieu d'art contemporain - Saint Gratien
 

Vendredi 26 Avril 2024 - Samedi 29 Juin 2024


Cyril Pedrosa

Journal d'une bataille


Pour tous, entrée libre.

Horaires de l’Espace Jacques Villeglé : du mardi au jeudi de 14h à 19h, le vendredi de 14h à 21h (nocturne) et le samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h.
Fermé les jours fériés et le samedi 11 mai.

Pendant les vacances scolaires : du mardi au vendredi de 14h à 17h.

 

PRÉSENTATION

Journal d’une bataille est un projet de création de dessins au long cours. Développé entre juin 2022 et décembre 2023. Il s’agissait en écho lointain à la Tapisserie de Bayeux, d’entreprendre « un combat », sous la forme d’une succession d’une centaine de dessins réalisés sour des rouleaux de papier au rythme de cinq dessins par mois.
 
« En janvier 2022, une recherche sur les marges illustrées de la Tapisserie de Bayeux provoque une discussion avec Cyril Pedrosa sur le dessin, les récits, la déconstruction, le geste. Je lui propose alors de travailler pendant deux ans autour de l'idée d'un journal intime monumental.
Ce travail s'articule autour de la figuration d'une bataille intérieure et s'appuie sur des contraintes précises.
Cinq dessins improvisés par mois de juin 2022 à décembre 2023, avec pour seuls guides la tension et l'émotion du moment.
Un format imposé, de 150 x 100 cm

Tout dessin commencé doit être terminé et ne peut être soustrait.
Les 90 dessins ainsi réalisés forment au final un chemin-récit de 132m de long.
»
 
Carine ROMA, Directrice Artistique de l'Espace Jacques Villeglé.
 
 
 
Cyril Pedrosa : Dessinateur né en 1972, il commence sa carrière très jeune à 25 ans. 
Journal d’une bataille est un exercice, un miroir, l’inscription d’un itinéraire. Un compagnon passager, un livre de bord. Un refuge et une consolation. Un projet hybride, une possibilité d’accéder au calme. Un exutoire. Une expérimentation parfois douloureuse mais le signe tangible d’un changement. Cyril Pedrosa est un artiste qui se distingue par une pratique multiple.
 
« Ce travail a pris une double forme. Celle de l’exercice régulier du dessin improvisé dans l’instant, sans récit, sans trame, sans plan, avec pour seul guide l’engagement de toutes mes forces pour faire avec la tension et l’émotion du moment, la peur, la joie, la colère.... Et en parallèle et en écho avec ces dessins, un travail d’écriture qui rend compte à la fois de l’impact intime de cette confrontation au dessin, et du choc permanent entre les démons intérieurs et ceux de l’extérieur. Ces deux formes se répondent, se nourrissent l’une de l’autre, avec une exigence commune : accepter ce qui surgit, ne pas tricher, ne pas chercher à plaire et essayer d’être vrai. »
 
 
Cyril Pedrosa, Avril 2023.
 

 

 

COMMISSAIRE D'EXPOSITION : Carine Roma-Clément
L'interview de Cyril Pedrosa

C-RC : Quel est le sujet principal dans votre travail et quels thèmes explorez-vous ? 

Sébastien Laudenbach : Mon travail de dessin est très autobiographique et tourne beaucoup autour de l'examen des passions mortifères, de la lutte entre élan de vie et pulsions de morts. À travers des souvenirs ou des expériences personnelles, j'explore la folie, les désirs, les peurs, la colère, la joie, les constructions et destructions humaines, la puissance de ce qui vit.

 

 

C-RC : Quel est votre œuvre d’art favorite et pourquoi ?

Cyril Pedrosa : Le Jardin des Tarots de Niki de St Phalle. C'est une œuvre hallucinante et foisonnante,  d'une très grande maitrise formelle, où la mort et la folie sont transformés en un palais de joie. J'y vois l'accomplissement de la vie de Niki, où tout ce qui l'a animé dans son engagement artistique est rassemblé, et je trouve ça bouleversant.

 

 

C-RC : À quoi ressemble votre lieu de travail – votre atelier?

Cyril Pedrosa : Je travaille chez moi, dans deux espaces distincts. Un espace pour le « dessin propre », pour le travail sur table, est aménagé dans mon salon. C'est là en particulier que je travaille la bande dessinée et l'animation. Un espace pour le « dessin sale », où je travaille les grands formats sur les murs,  d'une manière plus gestuelle, est aménagé dans une chambre.

 

 

C-RC : Votre lieu préféré ou l’endroit qui vous inspire le plus ?

Cyril Pedrosa : Mon lieu préféré n'existe pas vraiment. Il s'agit du souvenir lointain de la maison où je vivais enfant, à la campagne, dans un hameau de la Vienne. C'est un lieu associé à des sensations, des couleurs, des sentiments, bien plus qu'un espace. J'associe beaucoup de ce lieu au refuge qu'est pour moi le dessin. Un endroit sans danger, où on se sent vivant.

 

C-RC : Quels sont vos matériaux de prédilection ?

Cyril Pedrosa : J'utilise le plus souvent des pastels secs et des crayons de couleurs, qui me permettent de travailler vite, sans attendre de temps de séchage, avec beaucoup de spontanéité et d'improvisation.

 

 

C-RC : Que nous raconte votre exposition ?

Cyril Pedrosa : « Journal d'une bataille » est un journal intime, où les dessins restituent ce qui m'a traversé pendant les 18 mois de ce travail. C'est à la fois un combat intérieur, un examen de soi, une recherche de vérité, et un combat extérieur, un regard porté sur la fascination et l'effroi que provoque « l'autre ». Mais c'est aussi le récit d'un combat avec le dessin, pour détruire mes automatismes, mes facilités, mes astuces, le désir de plaire.
 

VUES DE L'EXPOSITION

LES AFFICHES